dim. Août 25th, 2019

QUAND LA TYRANIE FAIT LA LOI -LA REVOLUTION DEVIENT UN DEVOIR

USA : HUAWEI SUR LA TOUCHE

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Une membre du staff de Huawei le 6 mars au Huawei Digital Transformation Showcase, à Shenzhen en Chine.© WANG ZHAO Une membre du staff de Huawei le 6 mars au Huawei Digital Transformation Showcase, à Shenzhen en Chine.

Prenant acte de la décision de Washington de placer Huawei sur liste noire, de nombreux groupes ont décidé de couper certains liens avec le fabricant chinois de smartphones. Malgré le délai accordé par Trump, la liste ne cesse de s’allonger.

La liste des défections s’allonge petit à petit pour Huawei. La décision de Washington de placer le géant chinois sur liste noire commence à faire tache d’huile. Après l’annonce de Google en début de semaine de la suspension de ses relations commerciales avec le fabricant de smartphones, d’autres entreprises n’ont pas tardé à suivre le mouvement malgré le délai de 90 jours finalement accordé par Washington. Pékin a vivement réagi, dénonçant, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, un «harcèlement économique» par les Etats-Unis destiné à «entraver le processus de développement» de la Chine. Panorama de ceux qui ont lâché Huawei.

Des fabricants de composants

Intel, Qualcomm, Xilinx et Broadcom, quatre constructeurs américains de puces et processeurs, ont été parmi les premiers avec Google à couper les ponts avec le géant chinois en application de la directive américaine. Ils ont précisé qu’ils ne fourniraient plus Huawei en logiciels et composants «jusqu’à nouvel ordre». Un coup dur pour la marque. Selon les infos de la BBC, la société britannique ARM a aussi stoppé toute collaboration avec Huawei. Propriété du groupe japonais Softbank, l’entreprise aurait envoyé une note de service à ses salariés leur intimant d’arrêter immédiatement «tous les contrats actifs, droits au support et autres engagements en cours» liés à Huawei, mais aussi à sa filiale de semi-conducteurs HiSilicon et toute autre entité du groupe. Une décision lourde de conséquences pour le chinois qui utilise des technologies ARM pour la production de ses processeurs. Sans ces dernières, Huawei ne pourra plus créer de nouveaux modèles de processeurs, du moins jusqu’à ce qu’ils trouvent une solution alternative.

Panasonic, Toshiba et Microsoft

Le géant japonais de l’électronique Panasonic a aussi annoncé ce jeudi la suspension de ses transactions avec Huawei «et ses 68 sociétés affiliées qui sont soumises à l’interdiction du gouvernement américain», a déclaré à l’AFP Joe Flynn, un porte-parole du groupe nippon, qui leur fournit des «composants électroniques». Panasonic maintient tout de même les transactions qui ne sont pas affectées par la mesure américaine.

Un autre groupe japonais, Toshiba, a pour sa part décidé de «suspendre» temporairement ses livraisons le temps de procéder aux vérifications nécessaires. «Nous les reprendrons au cas par cas quand nous aurons confirmé que nos produits n’utilisent pas de pièces produites sur le sol américain», selon un porte-parole, parlant «d’impact peu important».

Après avoir été privé d’Android, Huawei pourrait bien se voir également retirer l’accès aux logiciels de Microsoft, notamment Windows 10. Richard Yu, PDG de Huawei, l’a laissé entendre lors d’un entretien donné au site The Information. Le géant chinois juge incompréhensible la décision américaine «qui prive Huawei de Windows, Google Android et des produits Intel». Microsoft n’a pas communiqué plus d’éléments pour l’instant sur cette possible interdiction. Cette décision affecterait les ordinateurs de la gamme Matebook, moins connus que les smartphones, mais aussi développés par Huawei. Ces ordinateurs ne pourraient plus bénéficier de Windows 10, des mises à jour et des licences. Pour l’heure, comme le rapporte un article de The Verge, la seule action visible de Microsoft à ce propos est la disparition de ces ordinateurs Huawei de son Microsoft Store américain.

Des opérateurs téléphoniques

Et la traînée de poudre ne s’arrête pas là, les opérateurs de télécommunication ayant rejoint le mouvement. Mercredi, les opérateurs nippons KDDI et Yahoo Mobile (SoftBank Corp) ont annoncé reporter le lancement de nouveaux modèles. Le pionnier NTT Docomo a également indiqué «stopper les commandes» d’un téléphone Huawei qu’il prévoyait de lancer cet été. Même son de cloche du côté de Taiwan chez Chunghwa Telecom et Taiwan Mobile.

En Europe, les opérateurs EE et Vodafone au Royaume-Uni ont exclu les smartphones Huawei compatibles 5G de leurs précommandes en amont du lancement de leurs réseaux respectifs dans les semaines à venir. La commercialisation ne reprendra pas «jusqu’à ce que nous ayons l’assurance à long terme que nos consommateurs qui achètent ces produits seront soutenus tout au long de la durée de vie de l’appareil», a affirmé le directeur général d’EE, Marc Allera. Un porte-parole de Vodafone a expliqué qu’il s’agissait d’«une mesure temporaire tant que des incertitudes entourent les nouveaux modèles 5G de Huawei». EE a également confirmé qu’elle utilisait des équipements Huawei dans son infrastructure réseau, mais qu’elle était en train de s’en séparer. Le groupe chinois a néanmoins souligné auprès de l’AFP que cet abandon par EE ne concernait que la partie la plus sensible des infrastructures 4G.

Selon les informations de The Verge, d’autres opérateurs européens dont Telefónica en Espagne et Deutsche Telekom en Allemagne, pourraient annoncer des décisions similaires dans les jours à venir. Concernant la France, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a affirmé mercredi que la France n’allait pas «cibler» Huawei tout en garantissant sa souveraineté et l’accès du pays aux meilleures technologies. «Nous n’allons pas cibler une compagnie ou une autre, a-t-il déclaré au micro de France InfoIl y a aujourd’hui beaucoup d’opérateurs qui travaillent sur la 4G avec Huawei.»

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